A.R.T.S.

 

Affinités .  Références .  Traces .  Sens .

Des mots, des images, des idées, des mémoires
Des récits qui nous constituent
Des poèmes qui nous montrent le chemin
Quelques bribes importantes pour nous
A suivre...

René Char
De moment en moment
"Pourquoi ce chemin plutôt que cet autre ? Où mène-t-il pour nous solliciter si fort ?
Quels arbres et quels amis sont vivants derrière l'horizon de ses pierres, dans le lointain miracle de la chaleur ?
Nous sommes venus jusqu'ici car là où nous étions ce n'était plus possible. On nous tourmentait et on allait nous asservir.
Le monde, de nos jours, est hostile aux transparents. Une fois de plus, il a fallu partir...
Et ce chemin qui ressemblait à un long squelette, nous a conduit à un pays qui n'avait que son souffle pour escalader l'avenir.
Comment montrer, sans les trahir, les choses simples dessinées entre le crépuscule et le ciel ?
Par la vertu de la vie obstinée, dans la boucle du temps artiste, entre la mort et la beauté."

Poème de René Char, extrait de sa préface de "La postérité du soleil" d'Albert Camus.


 
"Personne ne  naît haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion. 
Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer,
car l’amour naît plus naturellement dans le cœur de l’homme que son contraire."
                                                                                                                    Nelson Mandela

 


 

En septembre 1985, à la télévision, Marguerite Duras répond à cette question :

"Les hommes ont toujours eu besoin de réponses, même si un jour elles s’avèrent fausses, ou seulement provisoires. Alors en l’an 2000, où seront les réponses ?"

Marguerite Duras (Extraits de sa réponse) : 

«Il y aura plus que ça. La demande sera telle qu’il y aura plus que des réponses. Tous les textes seront des réponses en somme. Je crois que l’homme sera… littéralement… noyé, dans… dans l’information, dans une information constante, sur son corps, sur son devenir corporel, sur sa santé, sur sa vie familiale, sur son salaire, sur son loisir. C’est pas loin du cauchemar. Il y aura plus personne pour lire.

Ils verront de la télévision. On aura des postes partout. Dans la cuisine, dans les water-closets, dans le bureau, dans les rues. Et où sera-t-on ? Tandis qu’on regarde la télévision où est-on ? On n’est pas seul.

On ne voyagera plus, ça ne sera plus la peine de voyager. Quand on peut faire le tour du monde en huit jours, ou quinze jours, pourquoi le faire ? Dans le voyage, il y a le temps du voyage. C’est pas voir vite. C’est voir et vivre en même temps, vivre du voyage. Ça ne sera plus possible. Tout sera bouché. Tout sera investi.

Il restera la mer quand même, les océans.

Et puis la lecture. Les gens vont redécouvrir ça. Un homme, un jour, lira. Et puis tout recommencera. On repassera par la gratuité.

C’est-à-dire que les réponses à ce moment-là, elles seront moins écoutées. Ça commencera comme ça, par une indiscipline. Un risque, pris par l’homme, envers lui-même. Un jour il sera seul de nouveau. Avec son malheur, et son bonheur. Mais qui lui viendront de lui-même. Peut-être que ceux qui se tireront de ce pas seront les héros de l’avenir. C’est très possible. Espérons qu’il y en aura encore.

 Je me souviens avoir lu le livre d’un auteur allemand, de l’entre-deux-guerres, je me souviens du titre, le Dernier Civil, de Ernst Glaeser. Ça. J’avais lu ça : Que, lorsque la liberté aurait déserté le monde, il resterait toujours un homme pour en rêver. Je crois. Je crois que c’est déjà commencé même."

A méditer, et à voir de toute urgence sur le site de l'INA.

 


 

Et il y a aussi l'indispensable Boris Cyrulnik, beaucoup plus récemment.
Invité par le journal Sud'Ouest, il parle de ce qui vient de se passer en janvier 2015.





10 août 1990
Un météore faisait halte sous le grand cèdre, à Lapleau.
alain Cuny lisait, disait, les grands textes de sa vie.

Cuny leger